Pour un budget de résistance et de sécurisation des populations Marie-Pierre Vieu & Dominique Montamat

Le budget 2014 doit répondre à l’urgence sociale, et mettre le cap sur une solidarité et une citoyenneté concrètes : cela implique de favoriser un meilleur financement du volet social, de la protection et de la sécurisation des populations. Priorité aux écoles, au CCAS, au logement, au 4ème âge et à la petite enfance. La gestion de la dette municipale doit changer de cap, et relever d’une concertation avec les citoyen-ne-s.

Comment immédiatement pourvoir à ces engagements?

Nous proposons certes de poursuivre le désendettement de la ville, afin que celle-ci dispose des moyens de continuer des politiques d'investissement. Selon les besoins et urgences que nous diagnostiquerons, il est possible d'étaler ce désendettement sur un temps plus long et, d'autre part, il nous paraît essentiel de flécher les investissements utiles. Ainsi, nous pensons qu'il faut refuser de payer les intérêts toxiques des deux emprunts structurés qui sont encore en cours : ils représentent 11,61% de la dette (6 319 189,62 euros sur 67 684 104,47 euros). Un réseau de villes est déjà constitué sur cette base de refus, et commence à obtenir des résultats positifs face aux banques : nous pourrions le rejoindre et procéder aux mêmes démarches.

Sur l’exercice clos 2012, le budget principal s’élève à 90 135 049 euros, répartis en 61 324 401 en fonctionnement, et en 28 810 648 en investissement. Les marges de manœuvre existent. Elles correspondent, passés les engagements dits régaliens d’une collectivité, aux secteurs ou mesures priorisés par la majorité municipale : elles en sont la marque ! Elles découlent évidemment de choix politiques, mais, pour nous, doivent être débattues avec les Tarbais-e-s, car elles impliquent des arbitrages. Ainsi, nous pensons par exemple que l’on peut discuter de la pertinence ou de la régulation sur la durée des investissements lourds tels que la construction d’un palais des congrès (4,8 M d’euros). Nous sommes également favorables à un audit des Délégations de Services Publics contractées par la ville de Tarbes, et voulons faire un état de leur coût réel pour la collectivité. De cet état résulteront des décisions à prendre : quels investissements sont les plus économiquement et socialement utiles pour la collectivité, à court, moyen et long termes ? Doit-on faire intervenir des changements de mode de gestion ? Des retours en régie publique ?

Il est également important de valoriser et utiliser à bon escient le savoir-faire des personnels municipaux, de refuser de privatiser des tâches et missions qu’ils peuvent mener à bien. En outre, la lutte contre la précarité, la formation et la professionnalisation des personnels municipaux, doivent redevenir des priorités. Si la majorité UMP actuelle estime qu’il lui faut économiser, et donc réduire le « coût du travail » des communaux, nous pensons au contraire qu’investir sur leurs statuts et leur juste rémunération est indispensable à la dynamisation de l’institution municipale.

Sortir de la situation actuelle

Cela implique une mobilisation sans précédent des élus et des populations. Il faut :

  • exiger de nouvelles conditions d’emprunt, non pas sur les marchés financiers, mais auprès des banques et institutions spécialisées, pour soutenir l’effort d’investissement dans de nouveaux services et équipements publics ;
  • intervenir pour une grande réforme de la fiscalité locale : il s’agit d’augmenter la contribution des grandes entreprises et des banques, et de les inciter à diminuer les opérations et placements financiers pour, au contraire, accroître l’emploi et la croissance réelle de Tarbes ; cela permettrait encore d’alléger l’impôt local pour les familles aux revenus modestes ou moyens ;
  • obtenir de l’État le remboursement de sa dette aux Tarbais, et lutter contre les baisses de dotations confirmées cette année et pour les années à venir, facteur d’inégalités territoriales dramatiques